Après notre étape à Hoi An, nous changeons complètement d’ambiance en prenant la direction des hauts plateaux du centre du Vietnam.
Ici, rien à voir avec les villes touristiques : Kon Tum est encore peu visité, mais mérite clairement qu’on s’y attarde plusieurs jours.
Dans cet article, je vais t’expliquer que faire à Kon Tum, ce que l’on peut y découvrir en autonomie. Dans la seconde partie, le te raconterai notre « rendez vous en terre inconnue » : deux jours d’immersion avec notre guide An, une expérience forte, et sans aucun doute notre coup de cœur de ce voyage au Vietnam.
Sommaire
Trois bonnes raisons de faire étape à Kon Tum, loin du Vietnam touristique
• Découvrir une destination hors des sentiers battus au Vietnam
Kon Tum est l’une des rares villes des hauts plateaux du centre du Vietnam encore peu touristiques. Une destination idéale si tu cherches un Vietnam authentique, loin des itinéraires classiques.
• Rencontrer les minorités ethniques des hauts plateaux
Autour de Kon Tum, les villages montagnards abritent plusieurs minorités ethniques aux traditions encore bien ancrées. Maisons sur pilotis, maisons communales Rong et modes de vie traditionnels font toute la richesse de la région.
• Vivre une expérience authentique et humaine
Visiter Kon Tum, c’est prendre le temps de découvrir une autre facette du Vietnam, plus rurale et plus humaine. Une étape forte, marquante, qui donne du sens à un voyage dans les hauts plateaux du centre du pays.
Et si tu veux ressentir l’ambiance authentique des hauts plateaux, on a résumé cette expérience dans une vidéo YouTube 👇 :
Quelques infos pratiques pour organiser ton séjour :
Où se situe Kon Tum ?

Tu prépares ton voyage ? Enregistre cette carte d’itinéraire et cet article sur Pinterest !
Kon Tum se situe au centre du Vietnam, dans la région des Hauts Plateaux .
Plus précisement, la ville est située au nord de cette région montagneuse, à environ 500 mètres d’altitude.
Elle est entourée de collines et de plantations offrant un paysage très différent du littoral Vietnamien.
Une carte interactive pour repérer facilement les lieux
Pour t’aider à te repérer à Kon Tum et ses environs, j’ai préparé une carte interactive qui regroupe tous les endroits cités dans cet article. Villages, sites à visiter, points d’intérêt… elle te permettra d’organiser tes déplacements plus facilement et de visualiser les lieux avant de partir. Il ne te reste plus qu’à la consulter ou la télécharger pour l’avoir sous la main pendant ton séjour.
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Comment aller à Kon Tum ?
Kon Tum est encore peu touristique, ce qui rend le trajet un peu plus compliqué à organiser que pour d’autres étapes du Vietnam. Si tu arrives de loin, sache qu’il existe un aéroport à Pleiku situé à environ 1h15 de route de Kon Tum.
Venir à Kon Tum en bus :
En bus, l’offre est limitée. Lors de notre passage, nous n’avons trouvé qu’une seule compagnie assurant des trajets réguliers depuis Da Nang ou Quy Nhon vers vers Kon Tum : la Compagnie Minh Quoc.
Nous avons clairement galéré pour organiser nos trajets en bus jusqu’à Kon Tum. Pour t’éviter la même chose, j’ai regroupé ci-dessous toutes les infos utiles. Prends bien le temps de les lire au moment de préparer ton étape à Kon Tum.
Ton trajet ne sera probablement pas reservable en ligne sur le site de la compagnie Minh Quoc. De notre côté, Ils étaient injoignables par mail (aucune réponse malgré plusieurs relances) et impossible d’échanger sur Whatsapp.
👉 Demande à ton hébergement de les contacter par téléphone : c’est souvent la solution la plus efficace
Nous avons longtemps cherché comment aller à Kon Tum depuis Hoi An. et ce n’est clairement pas l’itinéraire le plus simple. Il n’existe que des trajets de nuit, et aucun départ direct depuis Hoi An.
Il faut en réalité récupérer un bus dont le départ ou le terminus est à Da Nang, situé à environ 1 heure au nord de Hoi An. Bonne nouvelle : il est possible de monter dans le bus sans aller jusqu’à Da Nang, ce que nous avons fait grâce à l’aide de notre hébergement, qui a géré la réservation pour nous.
Un minibus est d’abord venu nous chercher à Hoi An pour nous déposer à une intersection de l’itinéraire, à moins d’une heure de route. Nous sommes restés dans le minibus en attendant le passage du bus Da Nang – Kon Tum.
👉 Le trajet est annoncé à environ 11 heures.
👉 L’arrivée était prévue vers 7h du matin, mais nous sommes finalement arrivés vers 5h, à l’entrée de Kon Tum.
Pour le trajet Kon Tum – Quy Nhon, nous avons réservé directement sur place, en nous rendant au bureau de la compagnie à Kon Tum : 📍 647 Nguyen Hué (repéré sur la carte interactive).
Il est aussi possible de réserver via le site internet de Minh Quoc, mais attention : si tu passes par VEXERE ou 12GO, vérifie bien que le point de départ est réellement Kon Tum. Certains trajets partent de villes proches, ce qui n’est pas toujours clairement indiqué. Avant de valider ta réservation, assure toi que les points de prise en charge et dépose soient bien ceux que tu souhaites en copie collant l’adresse indiquée dans Google Maps !
👉 Le trajet dure environ 4h30.
👉 Nous n’avons trouvé que des départs le matin depuis Kon Tum ou en début d’après-midi depuis Quy Nhon.
Compagnie de bus Minh Quoc
🌐site web de Minh Quoc (pense à activer la traduction automatique du vietnamien 😉)
📧 minhquockt647@gmail.com
📞+84 02603 855 855

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Quelle est la meilleure période pour visiter Kon Tum ?
La météo sur les hauts plateaux peut être imprévisible, mais on peut dégager quelques tendances générales pour organiser son séjour :
- De novembre à avril, c’est la saison sèche et la période la plus agréable pour visiter Kon Tum. Le climat est globalement sec et les températures sont douces. Le mois de décembre est particulièrement beau : les fleurs sauvages jaunes fleurissent le long de la route entre Pleiku et Kon Tum. A l’approche du Nouvel An lunaire, l’air est frais et très agréable.
- Entre mai et juin, la chaleur et l’humidité augmentent. Grâce à l’altitude d’environ 500 mètres, les températures restent plus supportables que sur le littoral vietnamien.
- De juillet à octobre, c’est la saison des pluies. Les averses sont plus fréquentes et peuvent parfois compliquer les déplacements, surtout en octobre. Cela dit, si tu aimes la nature, cette période a aussi son charme. Les paysages deviennent très verts, et les couleurs des montagnes et des forêts sont particulièrement intenses.

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Combien de jours rester à Kon Tum ?
Tu peux visiter la ville et les environs en une journée. Mais ce serait vraiment dommage de venir dans les hauts plateaux du centre du Vietnam pour si peu de temps. Si ton objectif est d’aller à la rencontre des ethnies autour de Kon Tum, prévois au moins deux jours supplémentaires.
Il est possible de se balader seul dans certains villages, mais ici, un guide local fait clairement toute la différence. C’est d’ailleurs la seule étape de notre mois au Vietnam où nous avons ressenti le besoin d’être accompagnés. Nous ne l’avons pas regretté. Un guide permet d’entrer dans des villages isolés, de rencontrer les habitants dans le respect, et d’accéder à des lieux que tu ne trouverais pas par toi même.
Nous avons eu la chance d’être accompagnés par An, de Eva Café, un guide passionné, qui nous a emmenés dans des villages vivant quasiment en autarcie. Sans lui, cette immersion n’aurait pas été possible.

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Où dormir à Kon Tum ?
Kon Tum est une ville assez grande, tu n’auras donc aucun mal à trouver une chambre d’hôtel. Mais si je peux te donner un conseil : privilégie une homestay plutôt qu’un hôtel classique. L’accueil y est plus humain, et l’expérience bien plus authentique.
De notre côté, nous avons eu un vrai coup de coeur pour Eva Café. Lors de notre passage, il n’était pas encore possible d’y dormir, mais nous avions pu visiter les chambres, alors presque terminées. Aujourd’hui, l’hébergement est ouvert, et je te conseille vraiment d’y réserver tes nuits.
Eva café est un lieu atypique et poétique, aménagé avec beaucoup de goût. Entre les sculptures en bois, la végétation luxuriante et l’ambiance paisible, on a vraiment l’impression d’entrer dans un véritable jardin d’Eden, en plein cœur de Kon Tum.

Tu peux réserver directement :
Informations pratiques – Eva café
📱 WhatsApp : +84 905 672 442
📧 Email : evacafetourhomestay@gmail.com.
📍Adresse :05 Phan Chu Trinh, à Kon Tum (📌carte interactive )

Et même si tu ne prévois pas d’y dormir, prends au moins le temps d’y savourer une boisson : rien que le cadre vaut largement le détour.

Si Eva Café est complet, pas d’inquiétude : Kon Tum propose plusieurs hôtels et homestays bien notés.
Réserver ses hôtels au Vietnam
Je te conseille de faire comme nous et d’utiliser Agoda ou Hotel.com pour tes reservations.
Pourquoi deux plateformes ?
Les disponibilités, les types de chambres et les conditions de paiement ne sont pas toujours les mêmes selon la plateforme. Comparer les deux permet souvent de trouver l’option la plus adaptée à ton voyage.
Selon les établissements, certaines chambres sont annulables gratuitement, parfois jusqu’à quelques jours avant l’arrivée : pense toujours à vérifier les conditions au moment de réserver.
Pourquoi utiliser Agoda ?
Agoda est une plateforme très utilisée en Asie. Fiable et sécurisée, elle propose souvent de meilleurs tarifs au Vietnam, notamment pour les hôtels locaux et les homestays. Le paiement se fait directement à l’hotel.
Pourquoi utiliser Hotels.com ?
Hotels.com permet de régler la réservation en ligne par carte bancaire et propose un programme de fidélité intéressant : une nuit offerte après 10 nuits réservées.
En passant par ces liens pour reserver ton hébergement, tu soutiens mon blog sans payer plus cher, et moi, je peux continuer à partager des conseils basés sur nos expériences 😉
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Comment te déplacer à Kon Tum ?
Kon Tum est une ville assez étendue, mais ce n’est pas vraiment la ville elle-même qui attire, plutôt ce qui l’entoure. En centre-ville, la Cathédrale est le seul incontournable à ne pas manquer. Mais dès que tu voudras t’aventurer un peu plus loin, il faudra prévoir un autre moyen de transport. Louer un scooter est la solution la plus pratique pour explorer les environs, sinon tu peux aussi compter sur les taxis, faciles à trouver en ville ou via Grab. De notre côté, nous avons loué notre scooter directement à la réception de notre hôtel.
Et si, comme nous, tu choisis de partir avec un guide local, tu seras tout simplement véhiculé. Un vrai confort pour profiter pleinement des paysages des hauts plateaux et des villages montagnards, sans te soucier de la route et de l’organisation.

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Que faire à Kon Tum : nos visites incontournables :
Trois villages autour de Kon Tum : notre découverte en autonomie
Avant même de parler des villages, il faut savoir une chose amusante : dans la langue de l’ethnie des Bahnar,(Bahnar signifie « les gens des montagnes »), “Kon” signifie “village”. Voilà pourquoi de nombreux villages des hauts plateaux commencent par ce mot, comme ceux que nous avons explorés autour de la ville.
Je te suggère d’aller visiter Kon Klor (à la sortie de Kon Tum, puis Kon Jodri et enfin le village le plus éloigné : Kon Kotu (ou Ktu). Pour t’éviter de les chercher sur une carte je les ai indiqués sur ma carte interactive .


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Les Nha Rong : les maisons communales emblématiques des ethnies locales
Ces villages ont tous un point commun : au centre, se dresse toujours une maison communale traditionnelle, appelée Nha Rong (Nhà Rông ou simplement Rong). Impossible de les manquer : ce sont de hautes bâtisses en bois et en bambou, perchées sur pilotis, avec une toiture incroyablement pentue qui semble toucher le ciel. Leur silhouette rappelle parfois une hache, parfois une voile.


Ces Rongs sont construites et entretenues par les habitants eux-mêmes, Leur construction dure parfois pendant plusieurs mois. Leur hauteur est un symbole de force collective et de cohésion du village. C’est ici que tout se passe : réunions, cérémonies, événements culturels et religieux. Le Rong est vraiment le cœur battant du village.


Nous avons choisi de visiter ces trois Rong en scooter parce qu’ils sont tous proches de Kon Tum : le plus éloigné n’est qu’à 7 km. Il est possible de le faire en taxi. En l’espace de deux petites heures, tu pourras facilement découvrir deux villages et trois maisons communales situés autour de la ville. C’est une balade tranquille et vraiment agréable. Dans ces villages, nous avons croisés quelques habitants occupés à leurs activités quotidiennes — comme cette femme en plein tissage — et nous avons observé de belles maisons traditionnelles sur pilotis.

Et petite précision utile :
👉 Si tu ne peux pas venir jusqu’à Kon Tum, tu peux quand même découvrir un Nha Rong au musée d’ethnographie de Hanoï, qui en expose un très bel exemplaire. Tu trouveras toutes les informations sur ce musée dans mon article dédié aux musées de Hanoï.

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Balade jusqu’à la rivière : barques traditionnelles et paysages des hauts plateaux
Entre Kon Ktu et Kon Jodri, prend le temps de descendre jusqu’à la rivière : barques en bois, rives paisibles, et ce paysage typique des hauts plateaux qui donne envie de ralentir le pas. Une belle mise en jambe avant d’explorer davantage la région.


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Que voir à Kon Tum ville : La Cathédrale en bois, un site incontournable
C’est l’un des incontournables de la ville. Construite en 1913, elle mélange architecture gothique et savoir-faire traditionnel des ethnies locales : une structure entièrement en bois, de superbes vitraux, et un intérieur chaleureux qui contraste avec les églises Vietnamiennes plus classiques. L’ensemble du site est très vivant, car la Cathédrale jouxte un petit centre communautaire et une école où l’on entend souvent les enfants jouer. On peut visiter librement, prendre le temps d’observer les détails de la charpente et profiter de l’atmosphère apaisante des lieux. C’est la visite parfaite pour comprendre l’identité si particulière de Kon Tum.


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Immersion dans les villages montagnards : deux jours avec un guide local
En général, nous ne prenons pas de guide lors de nos voyages. Nous aimons découvrir les lieux à notre rythme, nous perdre volontairement, faire des rencontres spontanées et dénicher des pépites un peu au hasard, loin des circuits touristiques classiques. Mais à Kon Tum, au cœur des hauts plateaux du centre du Vietnam, nous avons fait une exception. Pour aller à la rencontre des villages montagnards et mieux comprendre les cultures locales, l’accompagnement d’un guide local s’est imposé comme une évidence. Ces deux jours d’immersion nous ont permis d’accéder à des villages isolés, d’échanger avec les habitants dans le respect, et de vivre une expérience humaine forte, impossible à vivre seuls.

Rencontre avec notre guide An à EVA Café : point de départ de l’aventure
À Kon Tum, nous avions envie d’aller simplement à la rencontre des minorités ethniques, sans folklore ni mise en scène « pour touristes ». Nous cherchions de l’authenticité, mais il était hors de question d’entrer dans les villages ou dans les maisons sans y être introduits. Ici plus qu’ailleurs, le respect est essentiel.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons choisi de passer par un guide local.

Avant de contacter An, nous avions lu seulement sur des blogs de voyage, deux articles le mentionnant. Peu de retours, peu d’infos… et justement, c’est ce qui nous a rassurés. Rien de formaté, rien de sur-vendu : une approche discrète et sincère, exactement ce que nous recherchions.
An, ce n’est pas qu’un guide, c’est aussi Eva Café, un lieu atypique et presque hors du temps dont je t’ai parlé un peu plus haut. Avec son épouse, ils ont créé un endroit à part, à la fois artistique et chaleureux.


Passionné par les ethnies qui vivent dans les montagnes, qu’il appelle simplement les « montagnards », An propose d’aller à leur rencontre pour partager leur quotidien, sans artifice.
An fait partie de ces personnes que l’on n’oublie pas : artiste, créateur, sculpteur, philanthrope. Il ne fait pas de publicité sur les réseaux sociaux, n’a pas de site internet, et travaille presque uniquement par le bouche-à-oreille. Autant dire que c’est exactement le type de rencontre que nous aimons. Il parle français et anglais, ce qui a aussi facilité nos échanges.
C’est donc tout naturellement que nous avons décidé de partir avec lui pour une immersion de deux jours, à la découverte des villages montagnards des hauts plateaux de Kon Tum.
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Sur la route des villages montagnards
Le lendemain matin, An vient nous chercher à notre hôtel. Après un petit-déjeuner vietnamien, nous prenons la route en direction d’un village situé à cinquantaine de kilomètres de Kon Tum, sans vraiment savoir ce qui nous attend.
Premier arrêt au bord de la route : un groupe de villageois est en train de construire une maison traditionnelle en bois. Tout le monde participe. Les hommes taillent les poutres à la main, assemblent les pièces sans clous, uniquement avec des techniques traditionnelles de tenons et mortaises. L’ambiance est conviviale, familiale. Le savoir-faire ancestral se transmet sous nos yeux. An connaît bien ces personnes, ce qui rend la scène encore plus naturelle.


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Arrivée dans un village traditionnel et cérémonie
Nous arrivons ensuite dans un village traditionnel des hauts plateaux, composé de maisons en bois sur pilotis, entourées de bananiers, de palmiers, de jacquiers et de bambous. Au centre du village, la maison communautaire, le Rang, domine l’ensemble par sa taille et son architecture impressionnante.
An nous conduit dans la cour de la maison du chef du village. Assis à même le sol, celui-ci façonne patiemment de petits morceaux de bambou. En s’approchant, nous comprenons qu’il ne s’agit pas de simples décorations : chaque pièce représente en miniature des personnages, des animaux ou des outils du quotidien.
Ces figurines sont ensuite fixées à l’aide de ficelles sur un support en bois, destiné à être installé au sommet d’un mât. À quelques mètres de là, plusieurs villageois s’activent justement autour de la préparation de ce mât rituel sacré. Une fois dressé, il devient un symbole fort : il représente le lien entre les humains et le monde des esprits, et joue un rôle central lors des cérémonies importantes. Il sert à invoquer la protection, la paix, la santé et l’harmonie pour l’ensemble de la communauté.



Les habitants de ce village appartiennent à l’ethnie So Drach, une branche du peuple Se Dang, et pratiquent encore aujourd’hui un animisme profondément ancré dans leur quotidien et leurs traditions.



Un cochon sauvage, offert aux esprits protecteurs, est ensuite préparé pour la cérémonie. Son sacrifice a une forte portée symbolique : il sert à purifier les lieux et à honorer les esprits. Le sang est utilisé de manière rituelle, puis la viande est cuisinée lentement dans une marmite sur un feu de bois. Le repas sera partagé avec toute la communauté. Ici, manger ensemble est un acte sacré, un moment de cohésion et de transmission.

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La vie dans une maison montagnarde
Dans les maisons montagnardes, la cuisine est le cœur de la vie. C’est ici que l’on se retrouve pour préparer les repas, manger ensemble, discuter et se réchauffer lorsque les nuits deviennent fraîches. Le sol, fait de lattes de bambou, laisse circuler l’air et la lumière. Contre un mur, un foyer rudimentaire brûle en permanence. La fumée s’échappe par les interstices du toit en chaume, noircit les poutres et aide à éloigner les insectes.


Sur les murs sont suspendus des paniers tressés pour stocker le riz, des jarres en terre pour l’eau ou les boissons fermentées, et quelques casseroles en métal, souvent cabossées par les années. Les aliments — légumes, racines, herbes sauvages, viande ou poisson — sèchent ou fument au-dessus du feu, imprégnant la maison d’odeurs de bois brûlé et de cuisine simple.
Nous sommes ensuite invités à partager une boisson traditionnelle à base d’alcool de riz fermenté, conservée dans une grande jarre. On la boit à l’aide de longues pailles en bambou. En tant qu’invités, nous avons le privilège de boire juste après le chef du village. Ce geste, très symbolique, signifie que nous sommes acceptés au sein de la communauté.

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Vie quotidienne et départ pour la montagne
Après avoir remercié le chef du village, nous prenons le temps de nous promener dans les ruelles. Ici, pas de machines ni d’électroménager. La vie s’organise autour de gestes simples et essentiels. Sur une petite place, le manioc sèche au soleil avant d’être mis en sac pour être conservé durant la saison humide.

Avant de quitter le village, nous faisons la connaissance de notre « Moto Man ». Sa moto est un véritable patchwork : rafistolée de toutes parts, maintenue par du scotch et des morceaux de caoutchouc, un simple bidon servant de réservoir et un bâton faisant office de béquille… et pourtant, elle roule. Et elle va permettre de transporter tout ce qu’An a apporté pour les montagnards, des sacs remplis de vêtements et de provisions, qu’il distribuera aux montagnards. Son engagement est sincère et discret, profondément humanitaire. De notre côté, nous ajoutons un pack de bières pour le repas du soir.


Pendant que notre Moto Man grimpe péniblement vers la montagne, sur des sentiers abruptes, chargé comme un mulet, nous, nous partons à pied, entamant notre marche à travers les hauts plateaux de Kon Tum.

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Marche dans les paysages des hauts plateaux

Les paysages des hauts plateaux de Kon Tum sont superbes et d’une grande diversité. Les forêts de bambous alternent avec des collines ondulantes, des plantations de café et de poivre, puis des rizières en terrasses qui épousent les pentes. Nous avançons sur des sentiers de terre ocre, parfois bordés de palmiers, parfois longeant de petites retenues d’eau où les habitants viennent pêcher, laver le linge ou simplement se rafraîchir.
Au fil de la marche, les rencontres se succèdent. Une institutrice rentre de l’école avec deux enfants installés derrière elle sur son scooter. Plus loin, des montagnardes travaillent dans les champs ; An leur offre de petits flacons de parfum. Un peu plus loin encore, une femme pile le riz à l’ancienne, répétant un geste transmis depuis des générations.

Partout, l’accueil est simple et chaleureux. Les sourires sont francs, les regards bienveillants. Ici, rien n’est joué : tout est vrai.



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Nuit chez l’habitant dans les hauts plateaux de Kon Tum
Au coucher du soleil, les collines des hauts plateaux s’embrasent de teintes rouges et orangées. La lumière décline lentement tandis que nous marchons encore, sans vraiment savoir où nous allons passer la nuit. Cette part d’inconnu fait aussi partie de l’aventure.

Nous arrivons finalement chez nos hôtes, dans un village isolé. Très vite, tout le monde s’active pour préparer le repas. Les plats sont déposés dans une grande corbeille, et nous mangeons assis à même le sol, dans une atmosphère simple et chaleureuse. La bière, que nous avons apportée, est accueillie avec un enthousiasme communicatif.

Les photos et vidéos de la journée, visionnées sur nos téléphones, fascinent nos hôtes, peu habitués à la technologie. Les rires fusent, malgré la barrière de la langue.
La soirée se prolonge autour d’un instrument de musique traditionnel, une sorte de luth fabriqué à partir d’une calebasse. Les notes résonnent doucement dans la nuit, accompagnées par les bruits de la nature.



Puis vient l’heure de dormir : un simple matelas, un sac de couchage, une moustiquaire. Le confort est sommaire, la nuit courte… mais l’expérience, elle, est inoubliable.
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Le lendemain : vie des champs et retour à Kon Tum
Le jour se lève au chant des coqs. Ici, pas d’eau courante : un simple tuyau relié à un ruisseau fait office de point d’eau. La vie reprend doucement. Le matin, An distribue les vêtements qu’il a apportés, puis vient le moment de préparer le repas.




Nous découvrons ensuite le filage du coton à la main, un geste lent, précis, transmis de génération en génération. Puis nous partons à la découverte des champs alentours: plantations de caféiers, de poivriers, et rizières qui rythment le quotidien des habitants. Çà et là, de vieilles jarres abandonnées témoignent d’une vie d’autrefois, encore très présente dans les mémoires.

Le chemin du retour traverse une petite jungle luxuriante mêlant bambous, tecks, acacias et rivières à franchir. En prenant un peu de hauteur, les rizières en terrasses dessinent de superbes motifs géométriques, offrant l’un des plus beaux paysages de notre passage dans les hauts plateaux du centre du Vietnam.


Nous rentrons à Kon Tum fatigués, couverts de poussière… mais profondément marqués par cette immersion hors du temps.
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Ce que nous retenons de cette immersion
Ces deux jours passés avec An resteront gravés dans nos mémoires. Nous avons découvert bien plus que des paysages : des villages, des traditions, une hospitalité sincère, et une culture encore profondément vivante.
Le dîner partagé, la nuit chez l’habitant, la musique, les rizières, les rencontres… tout cela donne à cette expérience une dimension humaine rare. Grâce à An, nous avons vécu une immersion simple, authentique et profondément marquante dans les hauts plateaux de Kon Tum.
Si tu en as l’occasion, nous te recommandons vivement de tenter cette expérience : elle te permettra de découvrir les villages montagnards de Kon Tum de manière authentique, et de repartir avec des souvenirs et des rencontres que tu n’oublieras jamais.
Si cette expérience te tente, la réservation se fait directement auprès d’An. Tu trouveras toutes ses coordonnées un peu plus haut dans l’article, dans l’encart dédié à Eva Café.



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Conclusion : Kon Tum, une parenthèse hors du temps dans les hauts plateaux
Kon Tum n’est pas une destination que l’on coche sur une liste. C’est une étape qui se mérite, qui se découvre lentement, et qui laisse une empreinte durable. Entre la ville, ses villages tout proches, et cette immersion humaine au cœur des hauts plateaux, nous avons trouvé ici quelque chose de rare au Vietnam : du temps, de l’authenticité et des rencontres vraies.
Si tu cherches une région encore préservée, loin du tourisme de masse, où l’on privilégie l’échange, alors Kon Tum a toute sa place dans ton itinéraire. Que ce soit pour une simple découverte en autonomie ou pour une immersion plus profonde avec un guide local, cette région offre une autre façon de voyager, plus simple, plus humaine.
Pour nous, Kon Tum restera l’un des moments les plus forts de notre voyage au Vietnam. Et si tu décides d’y aller à ton tour, prends le temps… les hauts plateaux se vivent, ils ne se visitent pas.
